En musculation et dans les pratiques sportives, les douleurs et les gênes ayant pour origine les structures tendineuses sont appelées tendinites. Rappelons que le « ite » à la fin d’un mot signifie présence de molécules inflammatoires, or pourquoi parler de tendinite alors qu’il n’a pas d’inflammation ?

C’est pourquoi de nos jours nous utilisons  le terme de tendinopathie.

En sport, les lésions tendineuses sont fréquentes, jusqu’à 30% de nature microtraumatique, secondaires à des lésions de surcharge. Elles peuvent toucher le corps du tendon, son insertion sur l’os (enthésopathie) ou le tendon dans gaine (ténosynovite).

La tendinopathie peut être le résultat d’une sollicitation trop importante et/ou inhabituelle du tendon et doit être considérée comme une pathologie évolutive.

Origine des tendinopathies

Le mode d’apparition des douleurs est le plus souvent progressif mais il arrive qu’il puisse être brutal dans certains sports particulièrement violents et dans certaines localisations (en particulier au niveau du tendon d’Achille). Les douleurs peuvent survenir un matin au réveil. Elles peuvent être aggravées par un choc direct ou par une activité sportive ou physique habituelle.

Un changement des conditions d’entrainement, une modification de la technique ou un changement de matériel peuvent être à l’origine du déclenchement de la tendinopathie.

Les différents stades des tendinopathies

Stade 1

La douleur peut être matinale, ne durer que quelques minutes et n’entrainer une gêne fonctionnelle passagère  qu’au début de l’activité sportive pour disparaître après quelques minutes d’échauffement. L’examen clinique est normal.

Stade 2

La douleur, bien que calmée après l’échauffement, peut réapparaitre en cours d’activité et généralement de façon plus précoce lorsque l’activité sportive se poursuit. De même, lorsque les douleurs sont présentes depuis deux à six semaines, le stade 2 est atteint. L’examen clinique met en évidence une palpation du tendon douloureuse.

Stade 3

La douleur apparaît dès les premiers gestes sportifs et limite nettement les capacités fonctionnelles. Les douleurs peuvent persister jusqu’à plusieurs jours après l’effort. La douleur persiste depuis plus de six semaines.

Stade 4

La douleur peut être permanente, plus ou moins bien calmée par le repos et devenir suffisamment importante pour empêcher toute activité sportive. Plus rarement, la douleur peut même être nocturne.

A noter que dès le stade 3, les lésions sont irréversibles et nécessitent des traitements de longue durée.

Biomécanique du tendon

Un tendon n’est pas extensible, cependant il garde un comportement élastique pour une élongation inférieure à 4% de sa longueur totale. A l’arrêt de la traction, il retrouve sa longueur initiale. C’est au-delà de ce seuil les lésions commencent à apparaître : on parle alors de rupture partielle. Au-delà de 7% d’élongation, on parle de rupture complète.

La plupart des charges restent toutefois largement en dessous du seuil de rupture mais ce sont les répétitions qui entrainent les lésions  (idem que pour les fractures de fatigue).

  • L’activité physique augmente le turn over du collagène ce qui rend fragile le tendon.
  • La récupération post effort diminue la dégradation du collagène.
  • Avec l’âge, les modifications du tendon telles que la diminution de la synthèse de collagène ou de son contenu en eau vont altérer les capacités d’adaptation et de réparation du tendon.

Les différentes lésions tendineuses

On distingue plusieurs types de lésions tendineuses :

  • Les tendinites vraies (maladies rhumatismales inflammatoires)
  • Les ruptures tendineuses
  • Les tendinopathies

Note : Certaines tendinopathies ou ruptures du tendon peuvent être induites par la prise de fluoroquinolone (antibiotique).

Les vraies ruptures du tendon sain sont rares, elles supposent le plus souvent un choc direct. Les forces nécessaires pour léser un tendon sain sont importantes et bien supérieures à celles que l’on peut rencontrer en musculation et dans les autres pratiques sportives habituelles. Lors de microruptures des cellules inflammatoires peuvent être présentes, ce qui n’est pas le cas lors de tendinopathies. Il est donc très vraisemblable que les ruptures se fassent sur un lit de tendinopathie préexistante.

Cependant lors des phases aigues, la réaction inflammatoire initie le processus de guérison, et les anti-inflammatoires pourraient  la limiter et interférer avec le processus de guérison.

Principes du traitement

  • Le repos est rarement indiqué. En effet il présente plus d’inconvénients que d’avantages en favorisant une importante amyotrophie (fonte musculaire) et ne semble pas diminuer le temps de récupération. On lui préfère le repos relatif adapté aux douleurs
  • Les massages transverses profonds
  • Les ultrasons pour leurs vertus antalgiques fibrolytiques et thermiques
  • Le froid, soit par application de glace, soit par massage. La glace peut être utilisée à visée antalgique
  • Le travail en excentrique : La finalité de ce travail est de renforcer le complexe musculo-tendineux (la force développée lors d’une contraction excentrique est largement supérieure à celle d’un travail concentrique).

Comme vu précédemment les tendinopathies ne s’accompagnent pas de réaction inflammatoire, l’emploi d’anti-inflammatoire non stéroïdiens n’est donc pas justifié.

Traitement ostéopathique

L’approche mise en œuvre par le praticien ostéopathe pour soigner une tendinopathie consiste essentiellement à :

  • Rééquilibrer le système myosquelettique (muscles – squelette)
  • Rééquilibrer les zones d’insertion du muscle incriminé
  • Vérifier l’innervation du muscle
  • Libérer les articulations

Conclusion

Une atteinte tendineuse chronique signifie trop souvent un arrêt sportif de longue durée alors qu’avec une bonne analyse des circonstances d’apparition  de la lésion le repos total peut être réduit (modifications des charges d’entrainement, changement de geste technique…)

Une prise en charge rigoureuse est nécessaire pour analyser l’étiologie (la cause) de la lésion et la démarche thérapeutique à suivre.

Présentation de l’auteur :

Cet article a été rédigé par Thibault Sutter, Ostéopathe D.O. Thibault est un praticien confirmé et certifié en thérapie manuelle du sport. Il possède un D.U d’ostéopathie du sport et prépare un Master 1 de recherche en biomécanique à l’Université de Paris 10.

Thibault est ostéopathe de l’équipe de France élite d’athlétisme, et également à l’académie internationale de la danse.

Membre de l’association des kinésithérapeutes du sport et formateur en anatomie et physiologie pour le BPJEEPS, Thibault accompagne tous les sportifs dans leur développement physique avec pour objectif, le respect du corps et de ses structures anatomiques. En véritable passionné, il partage ses travaux et ses expériences dans diverses revues et sur Développement-Physique.com.